Les éditeurs en feu, maison d'édition montréalaise

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Nous serons tous guéris Nous sommes devenus ces gens Journal d'un étudiant en lettres Les réserves

Nous serons tous guéris

Hugo Bourcier

« Je me rappelais, certaines fois avec une acuité presque trop vive, cette morosité profonde qui m’avait pris pour ne plus me laisser tranquille, au sortir de l’enfance – cet été d’une insupportable lenteur que j’avais passé à dormir jusqu’à midi, à traîner dans les centres d’achats, la tête vide, à errer dans les rues de ma banlieue jusqu’à ce que mes bras et ma nuque soient couverts de coups de soleil. J’avais l’impression de m’être brusquement réveillé pour m’apercevoir que tout ce qui m’entourait – ce milieu si consciencieusement défini dans lequel j’avais grandi et où j’avais toujours pu me fondre – m’était étranger, n’avait rien à m’offrir, ou en tous cas rien qui pouvait me donner la force d’affronter chaque jour la lumière la tête haute. Je ressentais en permanence une douleur au ventre, comme un affamé. »

Hugo Bourcier est né en 1990 dans Lanaudière et habite le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Il a passé les dix premières années de sa vie d’adulte à étudier la littérature et à jouer et à composer de la musique pour différents projets. Toujours ambitieux de s’aliéner de nouvelles franges de la population, il se consacre aujourd’hui entièrement à l’apprentissage du thérémine et du langage C++. Nous serons tous guéris est son premier recueil de nouvelles.

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Nous serons tous guéris

Nous sommes devenus ces gens

Catherine Anne Laranjo et Alexandros Tzortzis

« Ça fait longtemps que la douleur lui fait peur
mais maintenant quand elle raconte le mal comme un film
mon cœur se serre sans s’enfuir dans mes omoplates
mon ventre reste au milieu mes yeux ne tombent plus vers mon nez
mes sourcils se tiennent tranquilles, couchés,
et mes lèvres ne se touchent plus.
Maintenant je voudrais
lui prêter chaque trait de mon visage
(nos pères s’y tresseraient, muets, ce sont nous qui avons les mots)
je les déposerais doucement sur sa peau pâle la gaverais du soleil
un peu blessé qui se tient parce qu’on l’y aide

J’ai le privilège de faire partie de nous. »

Catherine Anne Laranjo vit à Montréal et vient au monde. Elle s’intéresse à la vie-poésie, à l’écriture voyageuse et aux espaces où ça (se) touche.

Alexandros Tzortzis vit aussi à Montréal et vient autant au monde. Pour lui, la photographie doit autant servir à toucher qu’à informer, à faire voyager qu’à rapprocher, à ouvrir les yeux qu’à ouvrir les cœurs.

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Nous sommes devenus ces gens

Journal d'un étudiant en lettres

David Fiore Laroche

«Le premier mars, sur le campus de l'Université de Montréal, un lettreux oublié au huitième étage du pavillon Lionel-Groulx succombe à une contamination du discours.»

Dans un premier recueil éclectique, David Fiore Laroche sonde l'âme à boutte d'un étudiant aux prises avec les accablants possibles d'une littérature aux tendances libidinales.

David Fiore Laroche est né à Queen Charlotte en 1988. Dès 2006, avec un diplôme en cuisine italienne de l'ITHQ, il fait rayonner ses racines italo-québécoises comme spécialiste du pizzaghetti. Cicatrisé par le manque de franchise East Side Mario's, il a vite compris que la Petite-Italie n'est pas pour tout le monde. En 2018, son deuil l'a poussé à entreprendre une maîtrise en littérature à l'Université de Montréal.

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Journal d'un étudiant en lettres

Les Réserves

Florence Falgueyret

«Les clients sont les personnes qui réussissent le mieux à me faire enrager. Parfois, j’ai l’impression qu’ils ne font pas exprès de me traiter ainsi, comme si ce n’était pas moi mais plutôt mon rôle qu’ils méprisaient, et donc que je perdais presque à leurs yeux ma valeur d’être humaine. Ce sont les seules personnes qui ont le pouvoir de me faire sentir de la sorte. C’est un drôle de sentiment, comme si mon estomac commençait à me digérer de l’intérieur.»

Florence Falgueyret mêle récit et poésie en prose dans cette première publication où toute ressemblance avec des événements réels est purement fortuite (ou pas).

Florence Falgueyret est née à Montréal et y habite toujours. Elle a pendant plusieurs années travaillé dans le milieu du service à la clientèle, mais, désireuse de pouvoir s’asseoir devant un écran huit heures par jour, elle a fini par accepter ce qu’on appelle une «job de bureau».

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